Choisir une pharmacie

Je prends des médicaments régulièrement.

Dans mon ancienne ville, j’habitais près du centre-ville et il y avait pléthore de pharmacies. J’avais choisi celle qui me convenait le mieux, efficacité, conseil, amabilité, absence de jugement. Et quand je ne trouvais pas le produit de parapharmacie, ils me le commandaient ou j’achetais sur internet (groupement de pharmacie).

J’appelais mon pharmacien « le grand tout mou » et la pharmacienne « la vieille ridée » – elle abusait du bronzage -, mais c’était par affection.

Nouvelle ville, nouveau… tout. Il m’a fallu trouver une pharmacie. Côté pratique, une pharmacie se trouve juste à côté du petit supermarché le plus proche de chez moi (6 km).

C’est une grande pharmacie. Quand on entre, il y a une machine à ticket, comme à la sécu ou à l’hôpital, puis beaucoup de présentoirs avec toute la parapharmacie à disposition (et des caméras pour filmer tout ça), 4 chaises pour les personnes qui en ont besoin et 7 comptoirs numérotés et tellement envahis de produits qu’on ne voit pas s’il y a quelqu’un. Cerise sur le gâteau, ils diffusent une musique de chiotte, pardon d’ascenseur ou de dentiste. Le genre de musique destinée à calmer les nerfs. Au-dessus des comptoirs, des tableaux électroniques sensés afficher le n° du ticket suivant. Je n’ai jamais vu fonctionner ce truc ou alors en dépit du bon sens.

Hier, j’entre, je prends un ticket « C350 » C pour conseil/ordonnance. Une dame âgée est assise sur une des chaises. Une dame encore plus âgée est en train de se faire servir. Et blablabli « le temps » et blablabla « cette pluie » et blablabli « les microbes », la préparatrice abonde…

Une dame galope avec des boites qu’elle installe sur les étagères. Elle va, elle vient.

 Biiiiip, c’est mon n° qui s’affiche, et là la dame assise se lève péniblement, elle n’a pas pris de ticket. J’attends. Et blablabli et blablabla, j’entends « mettez-moi deux de chaque » et « mettez-moi un de chaque », elle fait son marché.

Les gens s’accumulent derrière moi. J’entends un cri derrière les comptoirs, hors de vue du public, « il y a du monde ! », et rien ne se passe. Derrière moi les commentaires vont bon train : « Leur système, je l’ai jamais vu fonctionner ».

Biiiiip « C351 ». Avant que la dame du C351 avance, je me précipite en montrant mon ticket. La jeune fille me sert, je ne m’éternise pas, mais quand je sors, il y a au moins 5 personnes qui attendent.

Une autre fois, c’était le pharmacien 70 ans bien tassés, qui parlait politique avec un client. Politique ! Et ça a duré, et ça a duré, pas d’autre vendeur ne sortait pendant que les clients s’accumulaient.  Un autre jour, une dame attendait sans ticket, un monsieur sort de l’arrière, elle lui claque la bise, et ils papotent « avocat », « procès », rien à voir, et tout le monde attend !

Assez ! C’est assez ! Je me crois dans une émission « Cauchemar en pharmacie », où je m’imagine donner quelques conseils d’organisation. Et puis non, ras le bol, je change et puis c’est tout. De toute façon, M. Blanc qui allait parfois me chercher mon ordonnance chez le « grand tout mou », ne veut plus entrer dans cette officine.

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« Le reste de leur vie »

J’ai dévoré ce livre, M. Blanc aussi. Je conseille sans réserve, attention, émotion garantie.

Résumé Babelio :

« Comment, au fil de hasards qui n’en sont pas, Ambroise, le thanatopracteur amoureux des vivants et sa grand-mère Beth vont rencontrer la jolie Manelle et le vieux Samuel, et s’embarquer pour un joyeux road trip en corbillard, à la recherche d’un improbable dénouement? Un conte moderne régénérant, ode à la vie et à l’amour des autres. Tout lecteur fermera heureux, ému et réparé, ce deuxième roman qui confirme le talent de Jean-PaulDidierlaurent. »

Je vais voir maintenant si je peux trouver son premier roman « le liseur du 6h27 ».

J’ai créé une « fake news »

Nouveau logement, nouveau n° de téléphone fixe. Et qui dit nouveau numéro dit réattribution Orange. Ça a commencé tout de suite, plusieurs fois par jour, des personnes nous téléphonaient pour avoir un rendez-vous médical. Quand on connaît le manque de médecin un peu partout, je ne vous dit pas le stress de ces patients. Après quelques appels, on a regardé nous aussi sur internet pour voir, qui était ce médecin si demandé. Nous nous sommes aperçus que des tas de site (MEDICO-CECI, DOCTEUR-CELA) relaient avec du retard dans les mises à jour évidemment, les informations des pages jaunes. Autrement dit, et c’est pas un scoop, internet est plein d’informations erronées.

J’ai retroussé mes manches et j’ai écrit à tous ces sites pour les informer que le médecin en question n’exerçait plus, qu’il suffisait d’aller voir dans les pages jaunes pour le vérifier. La plupart de ces sites m’ont répondu et mis à jour les infos. Mais il subsistait toujours l’info de Google, en première page, en gros. Donc toujours un ou deux appels chaque jour.

Vers la mi-décembre, j’ai modifié Google avec mon compte utilisateur. J’ai mis un n° de téléphone bidon à la place de notre numéro (du genre 0103000202), car je ne pouvais pas le supprimer. Depuis hier, on avait pratiquement plus d’appel. En allant sur mon compte Google, je me suis rendue compte que le « géant » m’avait répondu qu’il prenait en compte ma demande, en me remerciant de cette mise à jour.

Comme quoi, on peut pondre n’importe quelle connerie sur Google, la preuve, je l’ai fait.

C’est bien ce que j’essayais de dire (avec un peu plus de diplomatie) aux patients qui appelaient, parce que le « je l’ai vu sur internet », ça commence à me gaver.

Maintenant, resteront ceux qui consultent un vieil annuaire papier ou leur vieil agenda, mais là, je ne peux rien faire !

La boucle est bouclée

Ce qui est étonnant dans cette maison, où je n’étais venue qu’en vacances l’été, c’est que je retrouve des images d’enfance. Instinctivement, je me replace dans la maison telle qu’elle que je l’ai connue il y a 50 ans.

M. Blanc et moi avions placé les gros meubles sur le papier (un plan avec des petits papiers à l’échelle). Pour mon bureau, il me fallait une vue sur le jardin et la rue, et sur « mes » oiseaux. Plus d’un mois après notre emménagement, mon bureau est à sa place et ce matin en m’asseyant, je me suis aperçue que je suis pratiquement à la place de mon arrière-grand-mère (si on oublie l’ordi).

Elle était née en 1880 et décédée en 1974. Oui, dans ma famille, on vivait très vieux, enfin, les femmes. Son mari, lui n’avait pas eu cette chance, après la guerre de 14, il n’avait pas vécu longtemps. Concrètement, mes arrières grand-mères ont vécu plus de temps veuves que mariées.

La légende de famille voulait que lorsqu’elle était jeune, elle avait la taille si fine que son mari pouvait faire le tour de sa taille avec ses deux mains. Cette image m’a toujours interloquée, moi qui ne l’avais connue évidemment qu’à la fin de sa vie (une vieille dame imposante, toute en noir, presque toujours assise à côté de la fenêtre).

En 1900, on portait un corset et ceci explique peut-être cela (vous vous souvenez de Rose dans Titanic).

La légende voulait aussi que ce soit une élégante. La réalité était moins glorieuse, commerce de dentelles et tissus qui ne lui avait rapporté que des dettes, « alcoolisme » discret (nous étions dans une famille de maîtres de chai dans le cognac)…

Le souvenir que j’ai d’elle, c’est un « tuiiiiit », le chant du serin qu’elle avait en cage à côté d’elle. Serin auquel j’apportais du senuçon (séneçon commun). Je venais parce qu’elle habitait la partie de la maison à côté de celle de mes grands-parents, la pièce qui fait partie de ma maison maintenant.

Il ne me reste plus qu’à acheter un serin, et la boucle sera bouclée.

C’est le chat qui sera content !

Romantique, moi ?

Pour cause de déménagement prévu, de tri et de mise en carton des livres restant, je m’étais inscrite à la bibliothèque. Après l’emménagement, et pour cause de livres toujours dans les cartons, je me suis inscrite à la bibliothèque du village d’à côté (1600 habitants), en regardant objectivement (mon nouveau village 1200 habitants), je ne sais pas ce qui m’a fait choisir l’autre bibliothèque, des préjugés sans doute puisque je n’ai pas visité la plus proche de chez moi et que pour celle-là, je dois prendre la voiture (5 mn).

Bref, la bibliothécaire m’a présenté sa bibliothèque qui a l’air bien fournie, les « SLEM » pour approvisionner tous les mois en livres provenant d’autres bibliothèques de la Communauté d’Agglomération, le bibliobus, les commandes possibles, le prêt de DVD, le coin enfants, bref, ça m’a séduit, je me suis inscrite et j’ai emprunté 3 livres.

La vie joue des drôles de tours, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais une chose vue entendue, résonne dans un article ou livre lu, dans une conversation avec quelqu’un. Ou alors, c’est le livre qui nous pousse à faire quelque chose. Tout cela pour parler de ce livre suédois que je viens de finir. Ca s’appelle « La bibliothèque des cœurs cabossés » de Katarina Bivald,

« Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l’Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine. Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l’aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance. Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel… »

Ce livre a vraiment résonné dans ma vie, particulièrement le fait que des films ou des livres puissent influencer notre vie. Elle pose la question que les plus romantiques d’entre vous ont dû se poser un jour : « Que serait-il advenu de la vie de Francesca Johnson (Meryl Streep) si elle était sortie de la voiture et avait rejoint Robert Kincaid (Clint Eastwood) dans sa voiture ? » Vous voyez de quel film je parle ? Je pleure toujours devant cette scène alors que je l’ai vu au moins 10 fois !!