L’obésité

Après une absence de la maison pour quelques jours pour une aide à mettre en cartons, les souvenirs de Tahiti s’estompent. Voici un sujet beaucoup moins drôle mais qui me tient à cœur.

J’ai été choquée de la proportion de personnes obèses à Tahiti. Je ne parle pas de surpoids (je suis moi-même en surpoids), mais vraiment de handicap (difficultés à marcher, diabète…) Les explications sont nombreuses et complexes. Les messages de prévention et autres incitations à faire du sport ne suffisent pas.

Le rapport au corps des tahitiens est différent et l’obésité, même morbide, ne semble pas poser de problème, même en maillot de bain sur la plage, même moitié déshabillé sur un scooter. J’ai vu aussi dans les équipes de danseurs et danseuses une bonne proportion d’obèses.

L’image de la vahiné toute mince en prend un coup !

Je l’avais probablement moins remarqué la dernière fois car j’étais restée moins de temps sur l’île principale où le problème est beaucoup plus visible. Il suffit d’aller manger dans une roulotte pour être stupéfait par les portions servies (deux fois ce que je peux manger). Certes les Tahitien(e)s sont baraqués mais ça n’explique pas tout.

Il y a évidemment les grandes marques de Junk food américaines qui ont pignon sur rue et remplissent les rayons des supermarchés. Mais où est le régime fruits-coco-poissons originel des Tahitiens ?

On m’a raconté aussi, et j’en ai été témoin, que des vendeurs viennent proposer des gâteaux dans les services de l’hôpital, même dans le service de diabétologie !

Ca induit parfois une situation critique et critiquable où le directeur d’un service (originaire de métropole) oblige ses employé(e)s à se peser sur le lieu de travail pour essayer de contrôler leur poids.

Je ne prétendrais évidemment pas avoir une solution à ce problème, mais ça m’a vraiment attristée.

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Manger à Tahiti

Quand on va à l’autre bout du monde, le minimum c’est quand même de manger autre chose qu’à la maison. C’est vrai qu’avec la mondialisation, et si on considère que Tahiti est un petit bout de France (C.O.M.) on peut trouver au Carouf d’à côté, les yaourts de la même marque qu’à la maison. Mais à quel prix !

C’était l’hiver, et donc pas la bonne saison pour les fruits. Il y avait quand même des mangues et des gros pamplemousses dont je me suis gavée au petit déjeuner. Les ananas, on ne m’a pas conseillé, parce qu’ils y mettent des tonnes de pesticides.

La dernière fois que j’y étais allée, j’avais adoré les ramboutans, les gros avocats et les Abiu (un vrai délice mangé frais à la petite cuillère). J’avais adoré les chips de Uru (fruit de l’arbre à pain), mais là ce n’était pas la saison.

Cette fois, j’ai adoré manger les petites bananes bien mûre et même les bananes Fe’i trop mûres. A vrai dire, j’avais acheté ce paquet de bananes au marché de Papeete, et je crois que la dame m’a roulée. Je savais que c’étaient des bananes Fei à cuire, mais le fait que je les avais achetées le matin, et ramenées un peu tard à la maison, avec la chaleur, elles avaient muris très vite. J’en ai ouvert une, la chair est orange. Goûtée, trouvée délicieuse, mais vérifié quand même sur internet si ce n’était pas toxique. Après l’aval d’internet, j’ai mangé toutes les bananes de ce petit paquet les unes après les autres. Délicieux, tout mou, très sucré, un peu régressif.

Lorsque j’ai raconté ça à une vendeuse du marché, elle m’a dit que les Tahitiens ne mangeaient pas les bananes Fei crues. « Je vais mourir » m’a-t-elle dit, en parlant d’elle même, si elle avait commis cette « hérésie ». Elle n’était pas curieuse.  Puisque je vous parle, je ne suis pas morte, même pas de tourista !

J’ai mangé aussi beaucoup de plats chinois vendus dans les supérettes. Poisson cru aux légumes, Pai (chausson tahitien) (prononcé peï) à toutes sortes de fruits (banane, papaye, ananas) et Chao Pao (prononcé chopo) des petits pains farcis cuits à la vapeur. Je n’ai jamais mangé de repas tahitien fait sous la cendre, pas eu l’occasion et les affiches publicitaires invitant les touristes à manger un repas « façon bringue locale » ne me tentaient pas.

J’ai fait aussi des soupes avec des légumes locaux (l’aubergine, la courgette, la pomme de terre et la patate douce), parfumées de saveurs exotiques pour moi (mmmm le zeste de Combava).

Si on est curieux, il y a à Tahiti comme partout, des tas de choses nouvelles à goûter et apprécier.

 

La plongée

J’avais déjà pris des cours de plongée en France, mais j’avais tenu 4/5 mois. Pour dire les choses gentiment, j’avais dit que la pédagogie ne me convenait pas. En fait, quand on arrive à un certain âge et qu’on fait une activité pour le plaisir, on a plus envie de s’emmerder. A chaque fois j’avais l’impression d’être une petite fille, un comble quand même, et de me faire engueuler par des adultes. Je suis revenue des dernières leçons en pleurant, et ça, c’est insupportable. Voyons les choses positivement, j’y ai appris à nager le crawl avec palmes correctement, et j’ai acquis les bases théoriques.

A Tahiti, tout est différent. D’abord on est allé à l’essentiel, à chaque leçon, on a passé environ une heure sous l’eau, à deux ou trois avec un moniteur. D’abord le lagon, puis l’océan. Briefing avant plongée, briefing après plongée et sous l’eau les signes adéquats. A la 6ème leçon, j’ai passé mon examen qui est en fait constitué des exercices que l’on a fait au cours des leçons précédentes, rien de bien compliqué. Je sais que certains jeunes passent ça en 3 ou 4 leçons, mais je pense que pour maîtriser l’équilibrage avec le gilet et la respiration, il faut prendre son temps, et le moniteur s’est adapté à mes capacités. J’ai même passé mon diplôme avec un masque qui fuyait, ceux qui connaissent savent ce que ça peut être chiant.

Je suis revenue avec des bleus sur tout le corps (je marque vite à cause d’anticoagulants) mais enchantée de ce que j’ai appris et vu. J’ai découvert qu’on peut ouvrir les yeux dans l’eau. Bon, on ne voit pas grand ’chose, mais ça ne pique pas plus que ça. Je confirme que je ne peux pas porter la bouteille pleine une fois qu’elle est sur mon dos et dans l’air. J’ai appris à remonter dans le bateau en pleine mer avec la houle (sans la bouteille). J’ai appris à regarder au loin lors du briefing et surtout pas regarder le moniteur sous peine de mal de mer.

Et surtout, j’ai plongé à Tahiti. Et là, on voit des petites étoiles dans les yeux des connaisseurs. Une fois sous l’eau, même dans l’île principale, on a l’impression de plonger dans un aquarium. J’ai vu une murène nageant en eau libre, toutes sortes de poissons colorés et la dernière fois des requins de toutes sortes. Ce jour-là, nous étions au fond à 20 m, accrochés aux rochers car le courant était fort. Et nous observions. Le moniteur m’a prêté une plaquette avec les noms des poissons. C’était merveilleux. Et à aucun moment je n’ai eu peur. La consigne était « nous allons voir des requins, n’essayez pas de les toucher ». L’idée ne me serait même pas venue. Lorsqu’on voit un aileron au ras de l’eau, c’est impressionnant, mais sous l’eau, tout ce qu’on voit c’est leur gueule, puis les femelles pleines, puis celui qui a un super hameçon en coin de gueule. Magnifique ! J’ai décidé de m’en tenir là pour ce séjour. Je pensais que je ne pourrais pas faire mieux.

Le premier poisson que j’ai identifié avec ses rayures perpendiculaires, un poisson papillon :

J’ai noté une chose importante pour moi, ne rien prévoir immédiatement après une plongée, maaaaaaanger et sieste.

Anecdotes de voyage (suite)

Les Tahitien(ne)s : En général, les Tahitien(ne)s sont aimables, et renseignent volontiers, mais à leur façon : « Tu vois le Bricomarché ? A côté, il y a une église, et bien c’est tout près » Pas de nom de rue, encore moins de n°. J’ai retrouvé parfois en cherchant autre chose, un magasin qu’on m’avait indiqué quelques jours auparavant. L’avantage, c’est que c’est une île et qu’à part à Papeete qui est une ville plus importante, On peut faire le tour de l’île sans se perdre.

Ils se mêlent aussi souvent de ce qui ne les regarde pas. A la Poste, je viens poster deux lettres, la jeune fille qui m’accueille en dehors du guichet, me demande « c’est des cartes postales ? », ou une autre fois, alors que j’allais retirer de l’argent dans un distributeur de billets vers 8 h le matin (ce qui n’est pas tôt pour Tahiti, le jour est déjà levé depuis longtemps), une dame que je n’avais jamais vue, me dit : « déjà ? ». Mais tout ça c’est bon enfant et le bon côté de la chose c’est qu’ils observent les autres. Un jour, en cours de balade, je m’arrête sur une petite aire de pique-nique en bord de mer avec une boite de poisson cru préparé à la chinoise. Là, des groupes d’enfants font des activités de centre aéré, un groupe d’ados plus âgés papotent en écoutant la radio.

 

Je m’assois à une petite table peinte en jeu d’échec. Je mange, je vais faire un tour sur la plage et je repars vers ma voiture. J’y arrivais presque qu’un ado, carrure tahitienne (beau bébé de 100kg), m’apporte mes clefs de voiture, et me dit « c’est pas à toi ça ? » Incroyable ! Mes clefs étaient tombées de ma poche probablement quand je me suis assise, ce jeune homme l’a remarqué les a ramassées et me les a rendues. Je l’ai remercié chaleureusement en remerciant intérieurement cette intérêt/curiosité pour les autres.

Deux mamies en pause au salon de l’artisanat, elles sont magnifiques n’est-ce pas ?

Quelques petites anecdotes de voyage

Cette fois-ci je suis restée sur l’île principale de la Polynésie. J’ai donc plus visité l’île de Tahiti qu’il y a deux ans. En voiture, à pieds et en plongée. C’était l’hiver austral, donc des températures moins chaudes, surtout la nuit, mais l’effet du changement climatique se fait sentir ici aussi évidemment et nous avons eu plus de pluie qu’habituellement à cette saison, en particulier les week-ends !! Abandonnées les excursions à Moorea, abandonnés les jeux traditionnels en plein air.

Randonnée : Je n’ai pas vraiment trouvé un groupe avec qui me brancher pour aller faire des randonnées. C’était les vacances et les associations étaient en stand-by. Les seules randos organisées étaient des randos très très sportives (avec grosse grimpette à la clef) ce que je ne me sentais pas de faire, vu que je ne fais que de la rando sur du plat dans ma région saintongeaise.

J’ai quand même fait la petite et grande boucle des jardins d’eau de Vahipahi, où après la montée en lacets, on peut admirer la vue sur le lagon et la presqu’île.

J’étais seule, mais sur le chemin très bien balisé et entretenu, j’ai rencontré quelques personnes et des enfants, preuve que ce n’est pas si difficile que ça. Le seul souci, la deuxième fois, c’est qu’il a plu à un quart d’heure de l’arrivée, et que les lacets dans la boue, avec heureusement quelques cordes pour se rattraper, c’est pas coton ! En arrivant, j’étais frigorifiée avec ma chemise à manches longues et mon pantalon trempés.

Un des mômes s’était abrité sous une feuille de Miconia (peste végétale sur Tahiti).

Heureusement, la mère précaution (moi) avait prévu des vêtements secs dans la voiture et la boutique en bas, faisait des soldes de produits artisanaux !!!!