J’ai créé une « fake news »

Nouveau logement, nouveau n° de téléphone fixe. Et qui dit nouveau numéro dit réattribution Orange. Ça a commencé tout de suite, plusieurs fois par jour, des personnes nous téléphonaient pour avoir un rendez-vous médical. Quand on connaît le manque de médecin un peu partout, je ne vous dit pas le stress de ces patients. Après quelques appels, on a regardé nous aussi sur internet pour voir, qui était ce médecin si demandé. Nous nous sommes aperçus que des tas de site (MEDICO-CECI, DOCTEUR-CELA) relaient avec du retard dans les mises à jour évidemment, les informations des pages jaunes. Autrement dit, et c’est pas un scoop, internet est plein d’informations erronées.

J’ai retroussé mes manches et j’ai écrit à tous ces sites pour les informer que le médecin en question n’exerçait plus, qu’il suffisait d’aller voir dans les pages jaunes pour le vérifier. La plupart de ces sites m’ont répondu et mis à jour les infos. Mais il subsistait toujours l’info de Google, en première page, en gros. Donc toujours un ou deux appels chaque jour.

Vers la mi-décembre, j’ai modifié Google avec mon compte utilisateur. J’ai mis un n° de téléphone bidon à la place de notre numéro (du genre 0103000202), car je ne pouvais pas le supprimer. Depuis hier, on avait pratiquement plus d’appel. En allant sur mon compte Google, je me suis rendue compte que le « géant » m’avait répondu qu’il prenait en compte ma demande, en me remerciant de cette mise à jour.

Comme quoi, on peut pondre n’importe quelle connerie sur Google, la preuve, je l’ai fait.

C’est bien ce que j’essayais de dire (avec un peu plus de diplomatie) aux patients qui appelaient, parce que le « je l’ai vu sur internet », ça commence à me gaver.

Maintenant, resteront ceux qui consultent un vieil annuaire papier ou leur vieil agenda, mais là, je ne peux rien faire !

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La boucle est bouclée

Ce qui est étonnant dans cette maison, où je n’étais venue qu’en vacances l’été, c’est que je retrouve des images d’enfance. Instinctivement, je me replace dans la maison telle qu’elle que je l’ai connue il y a 50 ans.

M. Blanc et moi avions placé les gros meubles sur le papier (un plan avec des petits papiers à l’échelle). Pour mon bureau, il me fallait une vue sur le jardin et la rue, et sur « mes » oiseaux. Plus d’un mois après notre emménagement, mon bureau est à sa place et ce matin en m’asseyant, je me suis aperçue que je suis pratiquement à la place de mon arrière-grand-mère (si on oublie l’ordi).

Elle était née en 1880 et décédée en 1974. Oui, dans ma famille, on vivait très vieux, enfin, les femmes. Son mari, lui n’avait pas eu cette chance, après la guerre de 14, il n’avait pas vécu longtemps. Concrètement, mes arrières grand-mères ont vécu plus de temps veuves que mariées.

La légende de famille voulait que lorsqu’elle était jeune, elle avait la taille si fine que son mari pouvait faire le tour de sa taille avec ses deux mains. Cette image m’a toujours interloquée, moi qui ne l’avais connue évidemment qu’à la fin de sa vie (une vieille dame imposante, toute en noir, presque toujours assise à côté de la fenêtre).

En 1900, on portait un corset et ceci explique peut-être cela (vous vous souvenez de Rose dans Titanic).

La légende voulait aussi que ce soit une élégante. La réalité était moins glorieuse, commerce de dentelles et tissus qui ne lui avait rapporté que des dettes, « alcoolisme » discret (nous étions dans une famille de maîtres de chai dans le cognac)…

Le souvenir que j’ai d’elle, c’est un « tuiiiiit », le chant du serin qu’elle avait en cage à côté d’elle. Serin auquel j’apportais du senuçon (séneçon commun). Je venais parce qu’elle habitait la partie de la maison à côté de celle de mes grands-parents, la pièce qui fait partie de ma maison maintenant.

Il ne me reste plus qu’à acheter un serin, et la boucle sera bouclée.

C’est le chat qui sera content !

Romantique, moi ?

Pour cause de déménagement prévu, de tri et de mise en carton des livres restant, je m’étais inscrite à la bibliothèque. Après l’emménagement, et pour cause de livres toujours dans les cartons, je me suis inscrite à la bibliothèque du village d’à côté (1600 habitants), en regardant objectivement (mon nouveau village 1200 habitants), je ne sais pas ce qui m’a fait choisir l’autre bibliothèque, des préjugés sans doute puisque je n’ai pas visité la plus proche de chez moi et que pour celle-là, je dois prendre la voiture (5 mn).

Bref, la bibliothécaire m’a présenté sa bibliothèque qui a l’air bien fournie, les « SLEM » pour approvisionner tous les mois en livres provenant d’autres bibliothèques de la Communauté d’Agglomération, le bibliobus, les commandes possibles, le prêt de DVD, le coin enfants, bref, ça m’a séduit, je me suis inscrite et j’ai emprunté 3 livres.

La vie joue des drôles de tours, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais une chose vue entendue, résonne dans un article ou livre lu, dans une conversation avec quelqu’un. Ou alors, c’est le livre qui nous pousse à faire quelque chose. Tout cela pour parler de ce livre suédois que je viens de finir. Ca s’appelle « La bibliothèque des cœurs cabossés » de Katarina Bivald,

« Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l’Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine. Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l’aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance. Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel… »

Ce livre a vraiment résonné dans ma vie, particulièrement le fait que des films ou des livres puissent influencer notre vie. Elle pose la question que les plus romantiques d’entre vous ont dû se poser un jour : « Que serait-il advenu de la vie de Francesca Johnson (Meryl Streep) si elle était sortie de la voiture et avait rejoint Robert Kincaid (Clint Eastwood) dans sa voiture ? » Vous voyez de quel film je parle ? Je pleure toujours devant cette scène alors que je l’ai vu au moins 10 fois !!

Bilan

Ca fait presque un mois que nous sommes là. Le jeu de taquin continue, mais les chambres sont presque installées (nonobstant la déco dont il ne reste que les clous sur les murs).

Le jardin, je n’en parle même pas, il pleut/vente tellement depuis que nous sommes ici que je n’y ai fait que quelques brèves incursions (en évacuant 10 sacs de déchets tout de même). Je ne sais pas si je l’ai déjà raconté ici, mais ma mère avait une grande curiosité botanique, de tous ces voyages (ils ont fait le tour de l’Europe, dont certaines îles de la méditerranée, et plusieurs voyages au Canada) elle ramenait des graines d’arbres exotiques. Comme elle avait la main verte, certains de ces arbres se sont vraiment acclimatés dans cette région douce. J’ai comme cela deux arbres magnifiques, mais particulièrement gênants. Un Oranger des Osages (10 mètres de haut, et des kilos (300 les bonnes années) d’oranges non comestibles), et un Févier d’Amérique (4 mètres de haut pour l’instant), cet arbre au port magnifique, et aux fruits superbes (fèves de 20 cm de long couleur vieux cuir) est couvert d’épines de 10 cm de long de la tête aux pieds. Le bois est extrêmement dur et les épines peuvent transpercer les chaussures. Attention à la tête quand on tond dessous !

Il y avait aussi probablement des tas d’autres plantes, mais le jardin est devenu un peu fouillis depuis 2010 et certaines plantes ont pris le dessus. Pour l’instant, j’enlève les envahissantes (le lierre par exemple), et j’attends de voir au printemps ce qui va sortir.

Hier, j’ai fait sortir le chat 10 minutes, avec récompense à la clef. Il est vraiment prudent, car c’est un jardin où il n’est jamais sorti. Jardin largement marqué par le chat du voisin, surnommé Felix.

Mimi, hein ? Mais féroce avec les autres chats, surtout que c’est SON territoire, et il va falloir qu’il en lâche une partie. C’est pas gagné tout ça.

A part ça, je commence à essayer de m’intégrer : nouvelle chorale, club de marche du village, bibliothèque du village voisin, c’est pratique de n’avoir plus d’activité professionnelle, on a du temps pour plein de choses et toutes ces démarches me requinquent le moral.

Je souhaite une très bonne année 2018 aux quelques lecteurs/trices qui passent par ici.

« Alors voilà »*

* pour paraphraser le nom d’un blog que je suis intensément.

Voilà, je suis arrivée dans ma nouvelle maison, je suis saintongeaise maintenant.

Ca fait presque deux semaines, mais, imaginez que je suis un peu occupée.

Il y a des cartons partout, nous jouons à un jeu de taquin (je déplace ça pour pouvoir monter tel meuble pour pouvoir vider deux cartons…) et ce jeu est apparemment sans fin.

J’ai fait une mini décoration de Noël hier soir : trois rubans dorés pendus à la fenêtre.

J’ai des périodes de découragement intense, des périodes de frénésie, c’est très troublant de déménager surtout quand comme moi, on n’aime pas ranger, choisir, trier.

Hier nous avons fait un premier feu de cheminée, rien que pour le plaisir, le plaisir de faire les paquets cadeaux dans la douce chaleur et le fchiii du bois qui « transpire ».

Je sais, une cheminée ouverte, ça consomme, ça ne chauffe que les fesses ou le ventre (selon si on regarde ou pas), mais j’adore.

D’autant que ça permet de faire brûler tous les journaux qui servaient à caler la vaisselle.