« Mustang »

Je sors de ce film, des images plein la tête. Des compléments d’infos entre M. Blanc et moi, comme si nous n’avions pas vu la même chose. J’ai apprécié la VO, par moment je lui traduisais certaines petites choses qui ne passaient pas dans les sous-titres. Il y a longtemps que je n’ai pas vu un tel film !

Mustang, Affiche

Mustang, Affiche

Et puisqu’elle le dit bien mieux que moi, voici ce qu’en dit Télérama :

Dans une maison au bord de la mer Noire, un oncle séquestre ses cinq nièces orphelines qu’élevait jusqu’ici une grand-mère débordée. Istanbul est loin. La modernité aussi. Dans ce village turc reculé, des adolescentes qui chahutent, assises sur les épaules des garçons, ne valent guère mieux que des traînées. Pour les dresser, rien de tel que de les couper du monde (et de l’école), en ­attendant quelques mariages arrangés… Dans certaines régions de la Turquie d’aujourd’hui, être une fille libre tient donc encore de la course d’obstacles. Or les héroïnes de Mustang ont l’énergie indocile. A l’initiative de la benjamine, peste pleine de panache de 12 ans, la résistance s’organise : entre le gynécée tout en jambes et l’oncle à moustaches, la guerre commence.

La Franco-­Turque Deniz Gamze Ergüven signe un premier film emballant où déborde sans cesse la sensualité de la fratrie fougueuse. Dès le préambule, une magnifique scène de bain, elle ­célèbre cette féminité explosive (mais pas agressive) qui dérange tant les conservateurs. Longues crinières soyeuses éclaboussées d’écume scintillante, les chevelures sans attache n’ont rien d’accessoire. Il ne faudrait surtout pas s’excuser de les montrer sous prétexte que certains y voient un appel au sexe et considèrent la virgi­nité comme une valeur en soi. Témoin l’épreuve rituelle de la nuit de noces. Des draps sans tache au petit matin, et la jeune mariée se retrouve sous bonne escorte à l’hôpital, pour contrôle de son hymen. Asphyxiée par la pression sociale et familiale, une soeur se donnera même au premier venu sur un parking, histoire de vivre un peu avant de finir sous un voile — de mariée.

A chaque fois que l’une d’elles quitte la maison, cette prison pour futures épouses, le club des cinq perd un membre. Le groupe, solidaire et con­quérant, fait place à des détresses in­dividuelles, parfois insurmontables. Mais la beauté de cette fable solaire consiste à exalter la force de ses petites amazones au lieu de leur conférer un statut de victimes. Si la cruauté, voire le tragique, des situations sonne toujours juste, il y a aussi une façon jubilatoire et bravache de prendre une revanche sur la vie. Dans la réalité, les filles accusées de frotter leurs sexes sur la nuque des garçons baissent les yeux et serrent les dents. Dans le monde de Deniz Gamze Ergüven, la plus jeune des soeurs, petit corps musclé qui n’entend pas ployer, sort mettre le feu à une chaise : « Elle aussi a touché nos trous du cul, c’est dégueulasse, non ? » Face à l’irresponsabilité des adultes, aussi sérieux soient-ils, l’espièglerie des adolescentes devient un signe de maturité. La marque d’esprits indomptés, comme des mustangs. — Mathilde Blottière

Ma fête de la musique

Centre ville, hier, 15 h. Nous nous étions donné rendez-vous avec les choristes et les instrumentistes pour le raccord avant le mini concert dans le hall de l’hôtel de ville.

La place ressemble à ça en temps normal.

Crédit photo : FR3

Hier, il y avait en face de la mairie une scène digne de Hellfest, où des techniciens faisaient la balance.

Nous entrons, installons des chaises pour le public, balayons les confettis du dernier mariage. Les instrumentistes s’installent, nous nous échauffons, eux s’accordent et …. Baoum.

Quelque chose à explosé dans la ville ? Baoum, Baoum… nous sentons le rythme dans l’estomac. Les techniciens sur la scène sont en train de faire la balance d’une percussion. Incroyable ! Faut arriver à se concentrer. 5 minutes avant le début de notre concert, ils se sont arrêtés comme prévu. Nous avons chanté notre petite messe de Mozart. Mais les habitants de la ville !

Euh ! N’ont pas du dormir très tôt.

« Je suis Charlie »

De catastrophe électorale en catastrophe aérienne, on a vite fait d’oublier ce qui s’est passé ce jour-là à Charlie Hebdo.

Pas moi.

Le mercredi, nous recevons Charlie hebdo et pas que pour l’esprit du 11 janvier. J’avoue que je ne l’avais pas lu depuis des années. J’étais même beaucoup trop jeune pour l’apprécier la dernière fois que je l’avais eu sous les yeux.  Il y a les dessins bien sûr, mais il y a aussi de chouettes articles de fond. Et franchement ça donne un vrai coup de pied au cul. Battons-nous, résistons, militons, ne nous laissons pas tondre comme ça !

« Que serais-je sans toi ? »

Je ne suis pas très sensible à la poésie (il y a certains mots que je devrai aller chercher dans le dictionnaire dans ce texte), j’ai eu une overdose de Ferrat dans l’enfance – merci Maman – mais franchement, ce poème est quand même très actuel. Après « balbutie » de Brel dans « Chez ces gens-là » , c’est le refrain de ce poème chanté par Ferrat qui m’est venu à l’esprit :

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

J’ai tout appris de toi pour ce qui me concerne
Qu’il fait jour à midi, qu’un ciel peut être bleu
Que le bonheur n’est pas un quinquet de taverne
Tu m’as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l’homme ne sait plus ce que c’est qu’être deux
Tu m’as pris par la main comme un amant heureux.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes
N’est-ce pas un sanglot que la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

Louis Aragon (1956)

Mon occupation du moment

Quand j’ai un petit moment, je complète l’arbre généalogique de ma famille. Ca a commencé lorsque j’ai eu l’idée de faire un arbre pour les jeunes mariés. Un arbre chacun avec les photos de leurs ancêtres. Le jour du mariage, je crois que tout le monde est allé voir cet arbre, et ça m’a fait vraiment plaisir.

Mais la généalogie, lorsqu’on y met le nez, on ne sait pas s’arrêter.

Ça commence par des questions aux gens âgés de la famille (certains ont des mémoires de malades), puis des travaux déjà effectués par des gens de la famille (sur papier), puis on se prend au jeu et on remonte petit à petit, devant son écran, en jonglant entre les archives en ligne des conseils généraux.

On apprend à convertir les dates en pluviôse, ventôse, on s’arrache les yeux sur des actes aux pleins et déliés avec une orthographe… fantaisiste. On se réjouit de retrouver la piste d’un ancêtre.

Globalement, mes ancêtres n’ont pas beaucoup bougé, ils sont nés, se sont mariés, reproduits et sont morts en Charente Maritime, c’est pour cela que parfois quand un aventureux nommé Joseph mais surnommé Lafleur (qu’il a ajouté à sa signature) est parti fonder famille (nous étions en l’an VII) dans l’Orne pour revenir sur ses vieux jours sur la terre de ses ancêtres, ça m’intrigue, et là, j’ai  commencé à échafauder des histoires. Lafleur

Je me suis aussi attachée à cette femme qui s’appelait Rose et qui a eu 4 enfants hors mariage, d’un ou de deux pères différents, son mariage sur le tard avec un veuf de 80 et quelques années, monsieur qui a reconnu ses filles.

Une de ces filles était mon arrière-arrière grand-mère.