La boucle est bouclée

Ce qui est étonnant dans cette maison, où je n’étais venue qu’en vacances l’été, c’est que je retrouve des images d’enfance. Instinctivement, je me replace dans la maison telle qu’elle que je l’ai connue il y a 50 ans.

M. Blanc et moi avions placé les gros meubles sur le papier (un plan avec des petits papiers à l’échelle). Pour mon bureau, il me fallait une vue sur le jardin et la rue, et sur « mes » oiseaux. Plus d’un mois après notre emménagement, mon bureau est à sa place et ce matin en m’asseyant, je me suis aperçue que je suis pratiquement à la place de mon arrière-grand-mère (si on oublie l’ordi).

Elle était née en 1880 et décédée en 1974. Oui, dans ma famille, on vivait très vieux, enfin, les femmes. Son mari, lui n’avait pas eu cette chance, après la guerre de 14, il n’avait pas vécu longtemps. Concrètement, mes arrières grand-mères ont vécu plus de temps veuves que mariées.

La légende de famille voulait que lorsqu’elle était jeune, elle avait la taille si fine que son mari pouvait faire le tour de sa taille avec ses deux mains. Cette image m’a toujours interloquée, moi qui ne l’avais connue évidemment qu’à la fin de sa vie (une vieille dame imposante, toute en noir, presque toujours assise à côté de la fenêtre).

En 1900, on portait un corset et ceci explique peut-être cela (vous vous souvenez de Rose dans Titanic).

La légende voulait aussi que ce soit une élégante. La réalité était moins glorieuse, commerce de dentelles et tissus qui ne lui avait rapporté que des dettes, « alcoolisme » discret (nous étions dans une famille de maîtres de chai dans le cognac)…

Le souvenir que j’ai d’elle, c’est un « tuiiiiit », le chant du serin qu’elle avait en cage à côté d’elle. Serin auquel j’apportais du senuçon (séneçon commun). Je venais parce qu’elle habitait la partie de la maison à côté de celle de mes grands-parents, la pièce qui fait partie de ma maison maintenant.

Il ne me reste plus qu’à acheter un serin, et la boucle sera bouclée.

C’est le chat qui sera content !

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Bilan

Ca fait presque un mois que nous sommes là. Le jeu de taquin continue, mais les chambres sont presque installées (nonobstant la déco dont il ne reste que les clous sur les murs).

Le jardin, je n’en parle même pas, il pleut/vente tellement depuis que nous sommes ici que je n’y ai fait que quelques brèves incursions (en évacuant 10 sacs de déchets tout de même). Je ne sais pas si je l’ai déjà raconté ici, mais ma mère avait une grande curiosité botanique, de tous ces voyages (ils ont fait le tour de l’Europe, dont certaines îles de la méditerranée, et plusieurs voyages au Canada) elle ramenait des graines d’arbres exotiques. Comme elle avait la main verte, certains de ces arbres se sont vraiment acclimatés dans cette région douce. J’ai comme cela deux arbres magnifiques, mais particulièrement gênants. Un Oranger des Osages (10 mètres de haut, et des kilos (300 les bonnes années) d’oranges non comestibles), et un Févier d’Amérique (4 mètres de haut pour l’instant), cet arbre au port magnifique, et aux fruits superbes (fèves de 20 cm de long couleur vieux cuir) est couvert d’épines de 10 cm de long de la tête aux pieds. Le bois est extrêmement dur et les épines peuvent transpercer les chaussures. Attention à la tête quand on tond dessous !

Il y avait aussi probablement des tas d’autres plantes, mais le jardin est devenu un peu fouillis depuis 2010 et certaines plantes ont pris le dessus. Pour l’instant, j’enlève les envahissantes (le lierre par exemple), et j’attends de voir au printemps ce qui va sortir.

Hier, j’ai fait sortir le chat 10 minutes, avec récompense à la clef. Il est vraiment prudent, car c’est un jardin où il n’est jamais sorti. Jardin largement marqué par le chat du voisin, surnommé Felix.

Mimi, hein ? Mais féroce avec les autres chats, surtout que c’est SON territoire, et il va falloir qu’il en lâche une partie. C’est pas gagné tout ça.

A part ça, je commence à essayer de m’intégrer : nouvelle chorale, club de marche du village, bibliothèque du village voisin, c’est pratique de n’avoir plus d’activité professionnelle, on a du temps pour plein de choses et toutes ces démarches me requinquent le moral.

Je souhaite une très bonne année 2018 aux quelques lecteurs/trices qui passent par ici.

« Alors voilà »*

* pour paraphraser le nom d’un blog que je suis intensément.

Voilà, je suis arrivée dans ma nouvelle maison, je suis saintongeaise maintenant.

Ca fait presque deux semaines, mais, imaginez que je suis un peu occupée.

Il y a des cartons partout, nous jouons à un jeu de taquin (je déplace ça pour pouvoir monter tel meuble pour pouvoir vider deux cartons…) et ce jeu est apparemment sans fin.

J’ai fait une mini décoration de Noël hier soir : trois rubans dorés pendus à la fenêtre.

J’ai des périodes de découragement intense, des périodes de frénésie, c’est très troublant de déménager surtout quand comme moi, on n’aime pas ranger, choisir, trier.

Hier nous avons fait un premier feu de cheminée, rien que pour le plaisir, le plaisir de faire les paquets cadeaux dans la douce chaleur et le fchiii du bois qui « transpire ».

Je sais, une cheminée ouverte, ça consomme, ça ne chauffe que les fesses ou le ventre (selon si on regarde ou pas), mais j’adore.

D’autant que ça permet de faire brûler tous les journaux qui servaient à caler la vaisselle.

« Voilààààà, c’est fini… »

« …On va pas s’dire au revoir comme sur le quai d’une gare »

« Ca doit te faire drôle »
« J’ai l’impression que c’est moi qui part »
« Ca me fait bizarre »
Combien de fois ai-je entendu ça hier !
Non, non, je ne quitte pas mon cher et tendre.
J’ai fini mon travail hier.
Quand je suis arrivée un collègue m’a applaudi, il a essayé de faire applaudir les autres, mais c’était curieux quand même.
J’ai eu droit à une mini haie d’honneur sur le perron de la porte.
La nuit précédent, je n’arrivais pas à dormir et j’ai noté tout ce que je devais faire ce dernier jour, j’en avais rempli une page A5.
J’ai proposé à deux collègues de manger avec moi dans une gargote voisine, « j’avais pensé la même chose » m’a dit le collègue avec qui je travaillais le plus ces derniers temps.
Et cette nuit, 3 heures d’insomnie, une impression d’inachevé, une terreur, je les laisse vraiment dans la merde. J’ai choisi ce départ, ils avaient le temps de s’y habituer depuis avril, mais je n’ai pas eu de doublure.
A l’arrache, une collègue m’a posé quelques questions, mais sur 20 % de mon travail.
Il faut dire que j’ai vraiment travaillé jusqu’au bout. J’ai attendu le dernier moment de la journée pour réinitialiser mon téléphone professionnel et le rendre avec les clefs.
J’avais rangé des dossiers, mis à jour des doc, vidé mon vestiaire et mon bureau petit à petit depuis 15 jours.
Hier, j’ai mis tout dans des cartons, un peu en vrac et ce matin, j’ai trié tranquillement le reste.
Il me reste, une fourchette et une cuillère, la clé du coffre-fort 😉 et ne venez pas la voler chez moi, ce coffre ne contient que notre caisse à café que nous ne voulions pas laisser dans un tiroir non sécurisé, ça peut toujours tenter quelqu’un qui arriverait de l’extérieur.
J’ai donné aussi mon tableau de mot de passe à mon collègue. En début de journée, il m’avait dit « on se voit cet après-midi », et voilà, pas de temps, réunion sur réunion, je l’ai vu entre deux portes.

Ce boulot est un boulot de fous.

Et je suis vraiment contente de partir.

Avoir des petits enfants…ou pas

Suite à l’article de Bleck sur les petits enfants « imposés », voici ce que j’aurais pu mettre en commentaire, un peu long n’est-ce pas ?

« Nous, nos petits enfants sont à l’autre bout de la terre, mais pas du même côté. Ce que je dis n’est pas logique, jusqu’à preuve du contraire, la terre étant ronde, il n’y a qu’un autre bout de la terre. Mais en terme de décalage horaire, vu de Paris, c’est du +6 h et -12 h.

Au début, nous avions mis des pendules sur l’écran d’ordinateur pour se figurer quelque chose qui n’est pas naturel à assimiler. Tahiti, Shanghai. J’ai déjà du mal à absorber le décalage horaire au moment du changement d’heure, alors imaginer quelle heure et quel jour il est à Tahiti vu de Shanghai, là c’est au-dessus de mes forces.

Donc, nos petits enfants étant aux autres bouts de la terre, il est compliqué de les voir autre que par Skype, et franchement, ils nous manquent. Leurs progrès, leurs gazouillis, les rires, les apprentissages.

J’étais prête à être grand-mère, mon fils avait largement l’âge (31 ans) et leur couple tout à fait stable et serein. J’avais commencé à tricoter, crocheter, coudre…

Mais je dois le dire, la première fois que j’ai vu ma petite fille en vrai, j’étais comme une poule qui a trouvé un couteau, je me suis sentie maladroite, inexpérimentée, craignant de lui faire mal. Elle était si petite ! Puis, nous nous sommes apprivoisées, nous ne l’avons eue en responsabilité  qu’une nuit et quelques heures par ci par là.

Le jour où elle a dû repartir à l’autre bout de la terre, la séparation a été déchirante de mon côté. Elle, était trop jeune pour s’en rendre compte probablement. Et je n’ai qu’une hâte, la revoir en vrai, soit en France, soit à Tahiti.

Pour M. Blanc, sa petite fille est « toute fraiche », née pendant la préparation du congrès du Parti communiste Chinois. Ce qui signifiait toutes les communications coupées avec la Chine. Nous avons quand même pu avoir miraculeusement une photo, arrachée de haute lutte à la prison de haute sécurité qu’était la Chine pendant cet événement. Sympa comme pays !

Et je recommence à tricoter 😉  «