Chauffard !

Je sors de chez moi pour aller au marché, à pieds. Notre maison se trouve tout près d’un carrefour. Je traverse dans les clous. Une voiture s’engage et sort du rond-point, à fond. Je suis toujours sur le passage piéton, et je jette un œil vers le véhicule. Bien m’en a pris, la conductrice à  la tête tournée à l’équerre vers sa gauche, autrement dit, elle ne me regarde pas, et elle fonce. D’instinct, je cours et me réfugie sur le trottoir. Tout ce qui me vient, c’est « Ca va pas !! » je gueule, mais la voiture est déjà loin. « Putain, elle a failli m’écraser, à deux pas de chez moi en plus ! » Je suis dans une rage. La voiture s’éloigne, je remarque le sigle de la conduite accompagnée derrière la voiture. La personne est seule au volant. Quand je pense qu’un ado est en train de préparer son permis avec elle !

Je rêve de mettre un panneau à chaque entrée de ce carrefour :

Ce rond-point n’est pas une piste d’accélération !

Respectez les piétons et les chats !

P.S. : .Ma mère s’est fait tuer en hiver par une voiture sur un passage piéton sous les yeux de mon père. C’était en 2010, en février, elle avait 76 ans et était en pleine forme. Le seul problème c’est qu’elle avait une capuche bien serrée et n’avait pas la vision périphérique que j’ai eue aujourd’hui. Oui, il roulait à 50, ça suffit pour tuer quelqu’un.

Après-midi bénévolat

paquet

Un mois auparavant, nous avions rencontré une bénévole amie de M. Blanc au marché. Celle-ci se plaignait qu’elle ne trouvait pas grand monde pour faire des paquets cadeaux au bénéfice de leur assoc. En réfléchissant, je me suis dit que j’aimais bien faire les paquets cadeaux et que je pourrais proposer ma participation quelques heures un week-end.

C’était hier, de 15 h à  20 h quand même ! Comme je suis une mère précaution, j’avais emporté un gilet supplémentaire, une paire de ciseaux convenable, du scotch et une thermos.

Nous étions quatre (nombre imposé par la direction du magasin), deux paires de ciseaux, dont un pour bébé, deux dérouleurs avec du scotch et du papier tout mou.

La prochaine fois, j’emmène mon papier et du bolduc (je plaisante, mais franchement, qu’est-ce qu’ils sont radins dans ces magasins !)

Attendre à la sortie des caisses d’un supermarché de sport, c’est comme quand on est assis sur la plage, on voit défiler toutes sortes de personnes –sociologiquement intéressant-.

Et un défilé d’objets dont certains, je ne voyais absolument pas à quoi ils pouvaient servir. C’est une année à vélo ou à trottinettes, non ? Nous attendions des défis à réaliser, un vélo avec ce papier, non, je ne fais pas, les cannes à pêche non plus. Par contre j’ai emballé un manteau pour cheval et un tas de vêtements super fluo pour les chasseurs.

Une baraque arrive avec deux poids qu’il porte avec facilité. Il en pose une sur la table. « Vous pouvez me faire un paquet cadeau ? » Je tente de soulever la chose, avant de voir un gros « 20 kg » sur le côté. « Euh, non, ça ne va pas être possible », Sa copine, dit « on va prendre du papier et on fera ça nous même,  T’as mis un peu de sous ? ».

Classe ! J’aime bien ces gens-là.

Nous avons fait des tas de paquets moches, mais moches !- genre les paquets de Felix dans « Le père Noël est une ordure »- Certains de ces paquets, je suis sûre que les gens en rentrant chez eux, ils les ont refait, mais bon, c’était pour une bonne cause.

Si vous voyez des assocs comme ça à la sortie de votre supermarché, et que vous voyez l’âge des participants, donnez quelques sous, au pire prenez du papier, mais ne faites pas faire le paquet sur place par un brave monsieur qui a la bloblotte et n’a jamais fait un paquet de sa vie, ou si faites-le, ça lui fera plaisir.

Et au fait, pas besoin de gilet, il faisait une chaleur à crever dans ce hangar.

Mise à jour des liens

J’ai renoué récemment avec ce blog suite à la fréquentation des urgences vétérinaires. Mes anciens amis de blog ont pratiquement tous « disparus », mais comme je continue malgré tout à lire des blogs avec de vrais articles, j’ai ressenti le besoin de dépoussiérer ma liste de liens. C’est un exemple de la diversité des liens que je visite (BD, Vétérinaire, Médical, Diététique et histoires de vie…).

Je ne mets pas tous les liens de cuisine, de bricolage (tricot, couture, crochet…) car je papillonne une page par ci une page par là.

J’assume de boycotter Facebook et autres réseaux sociaux, j’ai bien plus à faire dans la vraie vie, vous ne trouverez donc toujours pas de lien « like » ou autres conneries en bas de mes articles.

Ce chat est un dur

Après le séjour chez le vétérinaire de garde pendant 2 jours, lundi soir, voici le chat à la maison. Deux pattes rasées partiellement (une pour la pose de la perfusion, et l’autre pour les points de suture). Sa hanche gauche est luxée mais ça ne se voit pas sur la photo.

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Il est tout désorienté, se fourre presque immédiatement sous un grand lit. Nous y installons des couvertures pour que ce soit plus confortable. Il va y passer beaucoup de temps. Pendant quelques jours, il mangera peu, mais nous sommes étonnés de la manière dont il utilise sa patte gauche, les animaux à 4 pattes ont des ressources étonnantes. Nous adaptons la maison du mieux que nous pouvons. Nous bloquons l’escalier pour ne pas qu’il se casse la figure. C’est pas facile de bloquer un escalier sans porte, il va nous démontrer plus tard que le mur soit disant infranchissable, ne l’est pas du tout pour un chat, même sur trois pattes. Le seul vrai rempart, c’est un paravent en bambou d’un mètre 50 de haut.

L’opération de sa hanche est prévue pour le vendredi suivant.

Le vendredi matin, nous repartons donc pour son cabinet vétérinaire habituel. Le véto explique ce qu’il va faire et comment. Nous blaguons sur le rasage. « il a l’air d’un caniche raté ». Et le soir, nous le récupérons, le véto dit qu’il a pensé à moi quand il le rasait encore plus.

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Et le voilà, tout rasé de la patte gauche. Pas terrible hein ? Le pansement le rend chèvre, il lèche et lèche cet endroit près de sa queue, mais le pansement tient bien.

Il va mieux, mange, dort beaucoup, va aux toilettes. Il a vraiment subi un gros choc à la patte, mais c’est un dur.

Ce n’est pas évident sur cette photo, c’était l’après midi avant l’accident, avec son « poids d’hiver ».

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Urgence

« Si tu veux pas d’ennui, pas d’animaux, pas de frère, pas de père. »

« Pas de mari non plus ? »

Nous étions assis dans la salle d’attente du vétérinaire de garde, chaises rapprochées et main dans la main. C’était un peu la panique à bord pour moi, larme à l’œil et mouchoir dans la main. M. Blanc lui, égal à lui-même, rassurant et calme. L’histoire avait commencé deux heures plus tôt. Nous étions devant la télé regardant un reportage tout à fait édifiant sur la monarchie du Danemark – y a vraiment rien à la télé le samedi soir-. Tout à coup la lumière s’allume dehors et je vois le chat rentrer clopin-clopant en miaulant de détresse. Au début, j’ai cru qu’il avait l’arrière train paralysé. Vite, on ouvre la porte, il arrive à peine à marcher. « Il s’est fait choper par une voiture »  « Et il est rentré ! »

Panique à bord.

M. Blanc le prend dans les bras, il se laisse faire, il a du sang sur la patte, deux blessures pas trop graves, du sang sur la truffe et dans l’œil. On l’examine superficiellement, il miaule comme un perdu. Il faut appeler le véto de garde, mais où, comment… J’appelle le véto habituel qui de sa voix posée dit que le cabinet est fermé, mais qu’on peut appeler le véto de garde à tel numéro une fois, deux fois « je répète 0549…. ». Comment sait-il qu’on panique ? J’appelle et tombe sur la plateforme de l’agglomération. Elle note les infos « un vétérinaire va vous rappeler ». M. Blanc va se changer, et moi j’essaie de prendre le chat qui saute littéralement de mes bras, pour suivre son maître, depuis que M. Blanc est à la maison, il s’est vraiment créé un lien indéfectible entre eux.

« Non, mon chat, pas l’escalier »

Pendant ce temps-là un véto rappelle, nous demande de le mettre dans une cage, nous indique où est le cabinet de garde, nous demande en combien de temps on peut y aller et qu’un véto y va aussi et que s’il n’est pas là on doit l’attendre. Ce que nous faisons. GPS en marche parce que c’est un endroit où nous ne sommes jamais allés. Le pauvre chat miaule dans sa cage, parfois, il se tait, et là je lui parle, il répond, ouf ! C’est à cause du sang à la tête, j’ai vraiment peur qu’il meure là, le temps qu’on fasse les 20 km.

« Doucement »

C’est moi qui conduit et je suis un peu brusque, je tremble de la tête aux pieds. Arrivés là-bas, il fait nuit noire, et la tempête se lève. Nous attendons le véto dans la voiture. Il arrive au bout de 5-10 minutes, nous ouvre, nous demande ce qui s’est passé, puis va se changer. Nous entrons avec lui dans la salle de consultation, il le palpe, écoute son cœur, l’examine.

« Alors mon loulou ? »

Vous avez remarqué que les vétos donnent toujours des diminutifs affectifs aux chats ? Mais bon… on ne va pas s’y attarder. Il  émet des hypothèses : « le sang dans la cage s’est peut-être la vessie », il regarde plusieurs fois l’œil, ouvre la gueule du chat qui ne dit rien, se laisse manipuler. Il note nos coordonnées sur un petit carnet, le poids du chat 4 kg 750 et nous annonce qu’il va le garder. Il fait une piqure pour le sédater et nous dit de rester avec lui. Pas manqué, le chat essaie de se lever et de descendre de la table. On le caresse et il s’endort. Puis, il nous dit qu’il va faire des radios et le mettre sous perfusion, nous propose de rester dans la salle de consultation seuls, mais il n’y a qu’une chaise, nous préférons la salle d’attente. Là, entre un couple avec une espèce de mélange d’épagneul breton et de setter, qui tout à coup se met à vomir tout ce qu’il sait sur le carrelage. De l’eau, que de l’eau avec un beau bout d’os au milieu. Le mari se demande s’il faut nettoyer et la femme répond « non, comme ça le véto verra ». Pendant une heure, on voit dans le reflet de la vitrine le vétérinaire entrer et sortir dans différentes pièces avec le chat dans le bras, ou pas.

« Il est sous perfusion » me souffle la dame.

On entend des bruits, la tondeuse, l’aspirateur, les clics du plateau de suture, le bruit de la radio. On suit sans voir vraiment ce qui se passe. Puis M. Blanc me dit qu’il l’a vu passer dans une autre pièce, et que le chat est probablement dans une cage. Le véto revient, et nous dit « je m’occupe du chien et je vais vous expliquer ce que j’ai fait ». Les gens attendaient depuis une heure. La consultation ne dure pas longtemps, ils croyaient bien faire en donnant un os à ronger.

« On nous a dit que les os à moelle c’était pas mauvais »

« Non, non, aucun os »

« Mais pourquoi en vendent-ils au supermarché alors ? » Le véto hausse les sourcils avec un sourire en coin, et il explique en les accompagnant vers la sortie : « Si ça passe, tant mieux, sinon, ça va boucher, il va se mettre à vomir, et l’antiémétique servira à rien, il faudra opérer » Je résume un peu les dires du véto, mais en gros c’est ce qu’il leur a dit. Le chien, lui, frétille de la queue.

Le véto vient vers nous : «Voilà, il a une luxation de la hanche.»

Il nous montre les radios, comment il a remis l’os en place, radios à l’appui, comment il va falloir maintenant le « confiner », nous explique qu’il y a une chance sur deux pour que le fémur tienne en place, que sinon, il faudra couper la tête de fémur (on ne met pas de prothèse sur un chat), qu’il y a des chances pour que ça tienne mieux parce qu’on l’a amené tout de suite. Profitant qu’il était shooté, il a fait les sutures. Pour l’œil, il faut surveiller, il parle d’un éventuel glaucome et même d’une possibilité énucléation. Il dit qu’il va le garder le week-end. Il parle aussi des suites, lorsqu’il sortira, qu’il faudra le mettre dans une pièce où il ne peut monter nulle part pour que la hanche se remette le mieux possible.

« J’ai pensé à un truc cette nuit, tu sais quand on ira le chercher lundi, on pourrait apporter une boite de chocolat au véto, je sais que c’est son boulot, mais il était probablement à peine rentré de sa journée de samedi, un dîner peut-être, et il est revenu pour Mandarin. »

Et oui, notre chat ne s’appelle pas ni « loulou », ni « chouchou » mais Mandarin 😉

Si ça vous intéresse, je suis régulièrement un blog qui s’appelle Boules de Fourrure.